| Conforter
les traits connus, Bousculer
les idées reçues
. |
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le livre de Joffrey au prix exceptionnel
de 12 euros - "Interview"
de l'Auteur - Extraits
et Sommaire (nouveau)
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A5 - 160 pages
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par email à joffrey@autismealsace.org)
Dernière minute : Joffrey a à présent un site perso...
Cela
aura pris trois ans à Joffrey
pour se laisser convaincre que
ce qu'un autiste exprime, écrit
peut présenter de l'intérêt
pour les "autres", les
neurotypiques
Sorte
de thérapie par écrit
ou de journal intime, ce livre
est la restitution fidèle
de la production de Joffrey ;
lequel a écrit son texte
de façon manuscrite : 750
pages écrites en 4 mois
à raison de 3 à
4 heures par jour, avec au bout
du compte un cal sur l'index qui
disparut deux ans plus tard. Joffrey
a constitué une chemise
par chapitre qu'il complétait
au fur et à mesure de ses
besoins journaliers.
Sa maman l'a saisi, en y ajoutant
la ponctuation et corrigeant l'orthographe.
Un certain nombre d'autistes ont
écrit ; une grande majorité
est d'origine anglo-saxonne. Joffrey
restera pour l'histoire de l'autisme
en France, le premier à
être publié.
La contribution d'Autisme Alsace
aura été de l'encourager
avec insistance, lui donner confiance,
de rendre la chose possible en
collectant les fonds nécessaires
à sa réalisation.
L'ouvrage
vient conforter certains traits
connus de l'autisme au niveau
de l'expression, mais aussi du
filtre de perception de la réalité
propre aux personnes avec autisme.
Il vient aussi bousculer les idées
reçues et entretenues par
certains professionnels, en ce
qu'il laisse apparaître
une vie émotive, affective,
mais aussi intellectuelle non
sans intérêt, quoique
spécifique à certains
égards.
La contribution de Joffrey en
acceptant d'être publié,
malgré ses " secrets
" aura été
en aidant à une meilleure
compréhension de son monde
intérieur, de faciliter
l'intégration de ses semblables
; mais aussi et surtout de développer
la tolérance et l'ouverture
d'esprit de ses lecteurs.
En
direct avec l'auteur :
Pourquoi j'ai écrit
ce livre sur ce que j'ai
vécu
|
Il
y a trois ans et cinq mois, en
1998, pour l'année de mes
18 ans, au 20ème siècle
et second millénaire j'ai
eu l'idée d'écrire
un livre qui parle de mon enfance
et de mon adolescence.
En écrivant ce livre j'ai
commencé une grosse thérapie
par l'écrit avec surtout
le 4ème chapitre : souffrances
et problèmes. Ma grosse
thérapie écrite
a commencé le 1er janvier
1998 par la création d'une
série de journaux apocalyptiques
pour faire la fin du monde à
mes "jeumobiles"(1)
car, comme l'explique mon livre,
j'étais dans un autre monde,
celui des " jeumobiles "
et d'être dans ce monde
imaginaire me rendait nerveux,
me faisait crier et parler tout
seul.
Donc pour commencer à me
guérir de mon handicap
et pour me sortir de ce monde
imaginaire - ce qui a marché
- je me suis mis à faire
un grand travail d'écriture.
Dans la foulée, j'ai fait
plein d'autres progrès.
Je suis sûr que si je n'avais
pas écrit mon livre, je
n'aurais pas pu faire comme les
autres enfants, c'est à
dire me séparer de mes
" jeumobiles " en un
jour, ça aurait été
trop brutal, je ne pouvais pas,
j'étais dans leur monde.
Je n'aurais pas pu brutalement
sans être prêt et
sans me fixer une date. Tout doucement,
progressivement j'ai pu sortir
de mon ancien monde pour me préparer
physiologiquement. Au bout d'un
an, j'étais dégoûté
de l'histoire que j'écrivais
sur les " jeumobiles ",
à la fin ça me faisait
peur, alors à cette date
pile fixée depuis un an
je les ai tous monté au
grenier car c'est ceci qui me
provoquait des bruits de bouche,
et je n'arrêtais pas de
parler tout seul à longueur
de journée, je faisais
parler ces personnages en vulgaire
plastique, j'étais dans
un autre monde. Maintenant j'en
suis guéri à 99,5%
sauf en cas de rechute encore
quand j'ai des obsessions.
Je me suis donc dit que l'écriture
me faisait du bien et à
partir du mois de Juin, j'ai attaqué
une nouvelle série : "
ma thérapie ", en
fait la suite du chapitre souffrances
de mon livre. L'écriture
continue à me faire énormément
de bien.
Très prochainement je vais
essayer d'écrire un roman
pour me changer de mes écrits
thérapeutiques. Ecrire
un roman d'aventures car avec
tout ce qui ce passe dans le monde,
je me déconseille fortement
d'écrire un roman de guerre,
de Sciences Fiction ou encore
catastrophes météorologiques.
Si je publie mon livre c'est pour
ressembler à un vrai écrivain,
avoir un certain nombre de lecteurs
et lectrices. Je rêve d'être
reconnu pour la première
fois de ma vie dans mes écrits
et ce rêve va se réaliser
car si les rêves sont en
général imaginaires,
ce rêve là va devenir
réel et vrai et n'aura
rien à voir avec mon ancien
monde, celui des " jeumobiles
", ceci se réalisera
dans ma vraie vie d'humain, dans
le vrai monde des humains et sur
la vraie planète terre.
"
Joffrey BOUISSAC
1. Note de l'éditeur
: "jeumobiles" petits
personnages en plastique, dont
nous avons volontairement changé
le nom..
Chapitre
1 : mon enfance
Dans mon enfance, j'ai eu une
opération pour une hernie.
Je suis allé à
l'hôpital une journée.
Avant de partir, comme j'imaginais
que j'étais un "
jeumobile ", je m'étais
mis dans l'hôpital "
jeumobile " et le soir
je me suis enlevé car
je suis resté à
l'hôpital de 6h00 du matin
à 19h00 le soir. J'y
suis resté 13 heures.
Je suis allé en salle
d'opération avec des
personnages verts que j'appelais
les grenouilles car ils avaient
tous une tenue verte et ça
m'avait marqué. C'est
là qu'ils m'ont endormi.
Ils m'ont demandé de
compter jusqu'à 10, j'ai
compté 1, 2, 3, 4, 5,
6 et à 7 je dormais.
J'ai pris sept secondes à
m'endormir. Après l'opération,
je me suis réveillé,
j'étais en salle de réveil,
à côté il
y avait une femme charmante
qui tapait à l'ordinateur,
il était 10 h 05. Après,
je suis monté dans la
chambre où j'ai vu ma
mère qui m'a offert un
cadeau : un hélicoptère
de la Croix rouge. Elle est
revenue entre midi et 14h00
et je dormais. Je suis rentré
à la maison le soir à
19h00.... Comme j'ai été
marqué par l'hôpital
civil et par cette opération,
ça m'a donné l'envie
d'être pompier plus tard
car ils s'occupent aussi de
transporter les malades.
Chapitre 2 : mon hôpital
A la maison, j'avais un tableau
avec des lettres en plastique
et je m'entraînais à
écrire mon nom et à
apprendre l'alphabet. Sur ce
tableau, il y avait des images
où il fallait mettre
des autocollants de lettres
pour trouver les mots. J'ai
vite appris l'alphabet et j'ai
emmené à l'hôpital
un bricolage que ma mère
m'avait tiré à
l'ordinateur. Ce bricolage,
c'était des lettres et
des chiffres. Cela s'appelait
des Abécédaires.
C'était l'époque
des abécédaires.
Un jour, il manquait une lettre
et ce fut le drame, la mère
l'a refait le soir à
la maison. Un jour où
je suis allé me promener
à l'Orangerie, ma mère
m'a montré des lettres
et des chiffres en forme de
bonhomme car ils avaient une
bouche et des bras. Il y avait
des chiffres et des lettres…
Les alphabets, çà
m'a beaucoup aidé à
apprendre à lire mais
ce qui n'est pas bien c'est
que c'était ma mère
ou les éducatrices de
l'hôpital qui les bricolaient
à ma place (c'est moi
qui aurais dû les faire).
Chapitre 3 : mon école
" Les Tilleuls "
A l'IMP, on avait un poney qui
s'appelait " Schelo "
dans un pré à
côté du terrain
de football. Je ne l'ai pas
connu longtemps car il est mort
13 mois après mon arrivée,
la journée du 21 octobre
1992. C'était un mercredi
après-midi. Un enfant
m'a dit le cheval est mort sur
les coups de 13h15 car le matin,
avant d'aller à l'école
il vivait encore et à
la récréation,
il dormait. On l'a mis dans
un plastique.
Le soir, on est allé
revoir le poney pour lui dire
encore une fois au revoir...
Deux jours après, un
camion est venu chercher le
poney pour le centre d'incinération.
Les 48 enfants sont sortis émus
et affolés. Moi, j'étais
un peu moins ému car
je le connaissais moins. Y a
un enfant qui m'a dit "
arrête de rire "
et en plus, je ne riais pas.
Après, Schelo est allé
rejoindre le père éternel
des chevaux. C'était
un vendredi après-midi,
le 23 octobre 1992 et c'était
une belle journée d'automne.
Chapitre 4 : mes souffrances
et problèmes
Ce qui me fait souffrir, c'est
mon handicap. Car, si je crie
quand je suis anxieux, c'est
que j'ai de gros problèmes
sur le cœur comme en ce
moment où j'ai un gros
problème très,
très intime et secret
à dire. C'est comme si
c'était un drame mais
quand j'en parle en écrivant
en ce moment, çà
ne me chagrine pas trop. Çà
me fait beaucoup de bien de
les écrire, car depuis
que je fais de la thérapie
par écrit, je crie moins
et je bégaie moins. Si
je continue à écrire
ces problèmes et souffrances,
je serai bientôt complètement
guéri, je suis déjà
beaucoup moins nerveux.
28 janvier : j'en ai marre
d'être comme je suis
Si j'ai abandonné le
piano c'est que le piano me
rendait trop triste depuis le
mois de juillet car j'ai une
copine qui veut vivre au Canada
plus tard. Donc, dès
que j'entends le piano, je me
mets presque à pleurer
car je pense à cette
personne et en ce moment c'est
cela qui m'encombre le cœur.
En plus, je souffre de mon handicap,
car j'en ai marre d'être
handicapé mais c'est
pas pour çà que
que je ne veux plus avoir de
ficelles le jour de mes 18 ans.
C'est surtout parce que je me
rends compte que çà
ne sert à rien d'avoir
des ficelles et comme j'en ai
marre d'être comme je
suis car je souffre trop. Si
la personne sait que je suis
handicapé, elle me laissera
pas passer la frontière
du Canada, si je vis avec elle,
c'est aussi pour cela que je
veux guérir. Je veux
aussi guérir pour pouvoir
gagner ma vie car le jour où
je quitterai mes parents, il
faudra que je me débrouille
tout seul ou avec une femme.
Je veux absolument être
pompier, donc je suis très
perturbé par mon avenir
et pour mon métier…
Premier problème résolu
par écrit et raconté
dans le chapitre problèmes.
Demain, je vous expliquerai
pourquoi je fais de la ficelle
et pourquoi je crie.
Chapitre 5 : mes rêves
pendant mon sommeil
Les rêves sont vraiment
imaginaires car je rêve
dans le passé ou dans
le futur. Comme cette nuit où
j'étais entre Sermersheim
et le pôle Nord et entre
la comédie et le drame,
la tendresse et la sensualité.
Comme cette nuit où il
y avait des filles de 22 ans.
Donc les rêves sont très
imaginaires, mais des fois on
ne s'en rappelle plus mais on
rêve. Si je rêve,
c'est bon signe car ça
veut dire que je ne suis pas
fou, donc je rêve même
si je ne me rappelle plus de
quoi, j'ai rêvé.
Et comme je ne suis pas fou,
je rêve toutes les nuits
mais quand je m'en rappelle,
c'est toujours imaginaire et
parfois mes rêves me réveillent
au milieu de la nuit car ce
sont des cauchemars. Mais c'est
rare que je fasse des cauchemars,
moi en général,
c'est de beaux rêves...
Les gens qui sont dans le coma,
je pense qu'ils ne rêvent
pas de la même façon.
Ils rêvent s'ils n'ont
pas le cerveau mort mais ils
doivent aussi faire des rêves
imaginaires. Nous rêvons
tous même si on ne s'en
rappelle plus, moi aussi car
je ne suis pas du tout fou.
Chapitre 6 : mon avenir
Plus tard, je voudrais faire
un voyage si jamais un jour
je gagne au loto et si je suis
milliardaire, je pourrai me
payer un voyage dans l'espace
pour aller sur la Lune et Mars.
Je voudrais visiter l'univers
et les planètes du système
solaire en commençant
par la planète Mars,
voir s'il y a de l'eau pour
y vivre ou voir s'il y a un
robot qui prend des photos du
sol martien. Je voudrais visiter
Saturne, Jupiter, Uranus, Neptune,
Pluton la plus loin du Soleil,
avec des bouteilles d'oxygène
et un masque, j'irai aussi sur
Mercure et Vénus, là
il faut des bouteilles car on
ne peut pas respirer.
Mais j'aimerais bien visiter
les autres planètes du
système solaire car je
voudrais faire comme la mission
Appolo 13 et aller sur la planète
Mars comme Rockie qui a pris
des photos il n'y a pas très
longtemps. J'aimerais mettre
le drapeau français comme
l'ont fait les Américains
le 21 juillet 1969. Moi, je
mettrai un drapeau canadien
si j'habite au Canada ou français
si je reste en France. Cela
fera le premier qui a marché
sur Mars, j'aurai un habit spécial
d'astronaute avec bouteilles,
casque, antenne pour prendre
des nouvelles de la terre. Pour
y aller, j'irai avec un vaisseau
spatial, je découvrirai
l'espace et je décollerai
de Kourou en Guyane. Je prendrai
deux ou trois mois de vacances.
Une fois visité l'espace,
je redescendrai vers la terre
mais quand j'irai sur la planète
Mars pour mettre le pied, je
ramènerai des cailloux
pour avoir un souvenir de la
planète rouge...
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passionné de météo
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